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  • Photo du rédacteurNicolas Citti

Marie ATTARD : "Nous avons mis en place le premier métavers éducatif"

Dernière mise à jour : 11 avr. 2023

Directrice générale de Kwark Education, Marie Attard revient sur les transformations à l’œuvre dans le monde de la formation et décrypte l’essor de nouveaux outils technologiques, tels que le métavers. L’objectif de Kwark Education est de jouer un rôle majeur dans le secteur de la formation grâce à la digitalisation des méthodes pédagogiques. 



Quelle est la force de Kwark Education ? En quoi l’entreprise réinvente-t-elle l'expérience éducative ?


La vision de l’entreprise est portée depuis dix-huit ans et nous accompagnons de longue date la digitalisation des parcours de formation. A l’époque, lorsque l’on parlait de digitalisation, il était seulement question de produire des cours en vidéo. La force de notre entreprise est d’avoir été précurseur, donc de s'être posé d’emblée ces questions et d'avoir vécu avec nos clients cette démarche de transformation digitale de l'apprentissage. 


Cette singularité fait de nous une entreprise en mouvement qui se remet en question en permanence. Nous ne pouvons pas être dans les nouvelles technologies, qui plus est dans le monde de la formation, avec des certitudes et un produit fini. 


La crise sanitaire a accéléré le recours au distanciel, et révélé l’urgence de moderniser le paysage de la formation ? Est-ce que la formation en salle a encore sa place dans le parcours de formation ?


Bien sûr. Je trouverais dommageable, tout en étant directrice générale d'une entreprise tech, de renoncer à l'aspect convivial et interactif du présentiel au profit des nouvelles technologies, car les apprenants ont besoin de sortir de chez eux. Il y a des repères dont on a besoin, qui ne sont pas évidents à trouver chez soi. 


« La pédagogie doit être enfin prise en compte. Il faut pratiquer la maïeutique de Socrate, et partir de la pratique des personnes. »

J’estime que l'intérêt du distanciel, c'est de transformer les modes d’apprentissage. Cela offre l’opportunité d'avoir la bonne pratique selon la modalité. La pédagogie doit être enfin prise en compte. Il faut pratiquer la maïeutique de Socrate, et partir de la pratique des personnes. La diversité des outils et des apprentissages est donc une des réponses.


Le gouvernement présentera  une nouvelle réforme de la formation professionnelle 5 ans après la loi Avenir professionnel. Quelles sont vos attentes vis-à-vis de ce texte ? Quelles sont les grandes transformations à venir pour le secteur de la formation ? 


J'estime qu’il faut développer les partenariats de savoir-faire, notamment entre universités et organismes de formation, qui peuvent mutuellement se compléter. Globalement, je souhaite que l'on simplifie sans galvauder. Par exemple, la VAE s’ouvre, mais je ne suis pas sûre d'y adhérer ; au début, c'était 3 ans d'expérience, aujourd’hui c'est un an. Est-ce que les tensions de recrutement justifient de mesurer l'acquisition des compétences d'une personne à partir d'une expérience d'un an ? ? Est-ce que cela va résister sur le long-terme ? En revanche, ce qui est très bien dans la réforme, c’est la prise en compte de l’accompagnement à la VAE.


Ce que j'attends de cette réforme, c'est qu'elle se serve des réussites, à l’instar de ce qui a été fait avec DEFFINUM. Je ne parle pas seulement des enveloppes budgétaires qui ont été engagées, mais bien de l'âme de ces projets grâce auxquels des acteurs privés et publics peuvent être partenaires. En clair, il faut construire et cofinancer, la solution est sans doute là.


Dans un article récent du Monde, on évoque le « flop » du métavers au profit de la réalité virtuelle, qu’en pensez-vous ?


Nous avons mis en place le premier métavers éducatif en prenant le parti de ne pas utiliser le casque de réalité virtuelle. Deux raisons nous ont conduit à faire ce choix : la première est médicale - il n’est pas conseillé de porter un casque de réalité virtuelle plus de 20 minutes - et la deuxième est sociale - ce n’est pas parce que vous entrez dans le virtuel à un instant T que vous devez quitter totalement le monde réel. 


« Le métavers, c’est une nouvelle structure, avec l'avantage de la convivialité que nous n’avons pas sur une visioconférence classique. »

Avec le métavers, on n’est pas statique, on peut agir, ce qui renforce la concentration. Le métavers est moins consommateur de bande passante, donc il y a aussi des avantages écologiques. En fait, le métavers, c’est une nouvelle structure, avec l'avantage de la convivialité que nous n’avons pas sur une visioconférence classique puisque certains n’allument pas leur caméra. 


Quelles sont selon vous les perspectives ouvertes par l’IA, et notamment par ChatGPT ? Comment Kwark Education peut-il se saisir de cette nouvelle technologie ?


Évidemment, ChatGPT suscite toute notre attention et nous réfléchissons à son intégration dans nos différents outils et offres de services mais nous sommes encore en réflexion sur ce que l’on va en faire. Quand nous intégrons un nouvel outil, il faut aussi qu’il offre un bénéfice réel en termes de performance, de qualité de travail, mais aussi de temps gagné. 


Quels sont vos marchés prioritaires et vos perspectives de développement ces prochaines années ?


Aujourd’hui, nous travaillons majoritairement avec les entreprises sur la transformation digitale de la formation, et notamment sur le métavers. Nous voudrions toutefois être plus actifs sur l’accompagnement des organismes de formation.


Le métier de formateur d’aujourd’hui n’est pas celui de demain. L’outil ne va pas remplacer le présentiel, il ne va pas supplanter le formateur. Le métier de formateur va complètement changer. Il y aura beaucoup plus de tutorat d'experts afin d’accompagner la personne dans son apprentissage. L’outil accélère cette réflexion. 


« Nous avons pour enjeu de rassurer et d’accompagner »

De notre côté, nous avons pour enjeu de rassurer et d'accompagner. Pour cela, nous devons être en contact avec tous les innovateurs. Tant que l'on ne sera pas dans la notion de véritable partenariat, on ne grandira pas. 


Pourquoi avoir choisi une particule élémentaire (le Quark) pour votre nom commercial ?


En fait, ce que l’on croit être une solution est en réalité une particularité élémentaire. C’est une particule indispensable mais qui fait partie d'un tout, l'objectif étant de construire ce tout. Bien sûr, c’est un tout inachevé, en perpétuel mouvement.



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